Polanski renoue avec le fantastique des années précédentes après l’avoir abandonné. Rappelons-nous les classiques qu’il a créés : Le bal des vampires en 1967 et Rosemary’s baby en 1968.
Deux films cultes indétrônables, deux oeuvres dont la postérité se rappellera. On attendait beaucoup de ce grand retour dans l’antre du surnaturel.
Un retour mitigé ?

Il tire ce film d’un roman d’Arturo Perez-Reverte intitulé El Club Dumas, roman dont il fait moultes louanges, le qualifiant même de véritable révolution dans la littérature espagnole. Fan invétéré de l'oeuvre, il sera obligé, néanmoins, de le remanier afin qu’il passe mieux à l’écran. Si la trame principale est maintenue, la majorité de l’oeuvre est oubliée. C’est sans doute ce remaniement qui laisse un goût de trop peu chez le spectateur.
L’oeuvre, dans son ensemble, semble un peu confuse, voire approximative. Si le fil rouge du film est bien mené, on se demande souvent où Polanski veut en venir. Frustration qui va augmenter lorsqu’il expédie de manière encore plus énigmatique la fin du film. Pourtant bien entouré pour l’adaptation du roman par John Brownjohn - qui fut le scénariste de Polanski sur Lunes de fiel, Pirates et Tess - et par Enrique Urbizu qui signe un épisode sympathique dans la série Seis pelliculas para no dormir, il n’arrive pas à tirer l"essence de l’oeuvre de Perez-Reverte.

Cependant, tout n’est pas à jeter dans ce film.
Loin de là même.
La présence d’acteurs tels que Johnny Depp, Lena Olin ou encore Emmanuelle Seigner ravive la flamme de l’oeuvre. Depp est à nouveau éblouissant dans son rôle d’enquêteur et nous prouve une fois de plus qu’il fait partie des tout grands du cinéma américain.
Si le scénario laisse quelque peu à désirer, rien à redire non plus sur la qualité de la photographie et sur la sublimation sonore et visuelle que Polanski nous impose, rendant quelques scènes extraordinaires de beauté. La partition musicale signée Wojchech Kilar nous transpose dans un monde onirique et nous ennivre allègrement.
Quant aux décors, une pure réussite. Des lieux qu’on aimerait voir au moins une fois dans sa vie mis en exergue par une lumière travaillée.
http://romanpolanski.online.fr/les_neuf_portes_du_royaume.htm
